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11 septembre 2024 3 11 /09 /septembre /2024 21:02

La fin du XIXème siècle voit apparaître de nombreuses lignes de chemin de fer d'intérêt local. Notre région n'échappe pas au phénomène et le fait-divers qui nous intéresse s'est passé en juin 1876 sur la ligne d'intérêt local reliant Nizan gare  (Gironde) à St Symphorien puis sore et Luxey.

Autour d'un fait-divers

Voici ci-dessous le texte extrait du "Glaneur de Bazas" hebdomadaire dans lequel j'ai trouvé par hasard ce fait qui m'a amusé.

Autour d'un fait-divers
Paru dans le Glaneur de Bazas du 4 juin 1876

Paru dans le Glaneur de Bazas du 4 juin 1876

Effectivement la gare de Nizan  est à 104m d'altitude tandis que celle de Villandraut n'est qu'à environ 33m d'altitude soit un dénivelé d'environ 71m effectué en roue libre et sans le conducteur pour actionner le frein !

La ligne concédée en 1870 à Messieurs Faugère et Bernard  ouvrira en janvier 1873 sur un premier tronçon de 17km5 jusqu'à St Symphorien avec une voie unique à l'écartement standard de 1.435m. Elle dessert Uzeste et Villandraut .

Elle sera prolongée en 1886 jusqu'à Luxey en passant par Sore pour atteindre la longueur totale de 39km.

A son départ à Nizan la gare accueillait le réseau de la Compagnie des Chemins de Fer du Midi avec la ligne Bazas Langon tandis qu'à Luxey, avec un changement, les voyageurs pouvaient continuer jusqu'à Mont de Marsan.

C'est à Saint Symphorien que se trouvaient le dépôt et les ateliers.

Le trafic voyageur prendra fin par étape en 1950 et 1954, tandis que le trafic marchandise continuera jusqu'en 1970 et 1978.

Plus proche de nous, la ligne de chemin de fer qui reliait Roquefort à Lencouacq puis aux Jourets (Lencouacq) fut crée en 1907 et ferma en 1934. Elle avait 11km5 de long et avait une voie étroite de 0.75m.

Elle fut prolongée jusqu'au Poteau mais uniquement au service de l'exploitation des forets. Elle partait de la gare de Roquefort et avait plusieurs arrêts facultatifs sur notre commune en plus de la gare du village : Haurie, puis après le bourg Géou, un embranchement particulier pour monsieur Labbé (?) Guilart  puis Capberné dernière maison d'Arue. Ma grand-mère utilisait cette ligne depuis l'embranchement en bas de chez ses parents pour aller jusqu'à Lencouacq pour ses leçons de piano. Le conducteur l'autorisait à s'asseoir sur les banquettes de premières classe qui avaient des coussins, quand personne ne les utilisait ! Cette ligne lui permettait aussi, en partant devant chez elle le matin elle d'aller en train à Bordeaux et de rentrer dans la journée !

Le train inspira en 1911 même une petite pièce de théâtre intitulée : " Peurmey biatje eun camin de hé dou pierrillot de Mousteuy."  (Premier voyage en chemin de fer de Pierrot de Moustey) L'auteur qui signe "Lou Sabrot" a écrit comme vous l'aviez deviné en gascon , parla neugue et graphie phonétique. Il y raconte les déboires et le premier voyage en train d'un gemmeur un peu naïf.

Autour d'un fait-divers
Autour d'un fait-divers

Nous avons choisi cette photo de la gare de Labrit , sur une autre ligne, mais à seulement 15km d'Arue.

Elle est intéressante car on voit de nombreuses personnes en tenue, les femmes séparées des hommes et certains sont même montés avec un vélo sur le toit d'un wagon pour la pose !

Les sites VFL m'ont bien aidés à retrouver nombres de renseignements concernant ces lignes dont voici  l'adresse d'un des sites  :

https://reseau-train-ho-de-paquito40.e-monsite.com/pages/le-cfil-du-nizan-a-luxey/

 Et comme toujours dans les bulletins de la société de Borda on retrouve beaucoup d'informations. Ici Bulletin de la société de Borda  T4   1960 Pierre Sicard " Le chemin de fer de Roquefort à Lencouacq et au Poteau".

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26 juin 2024 3 26 /06 /juin /2024 22:28

En juillet 1931 puis au cours de l'hiver 1932/1933 une étudiante allemande Lotte Beyer Lucas fera un séjour dans notre région pour finir sa thèse. Elle faisait partie de l'école d'ethnologie allemande , qui sous l'égide du professeur Fritz Krüger, se proposait d'étudier les civilisations romanes du sud de l'Europe. Sa méthode novatrice " des "mots et des choses" permit une collecte importante de renseignements en France sur les régions des Pyrénées et en ce qui nous concerne , sur les Landes de Gascogne.

Lors de son séjour Lotte,  malgré les difficultés liées à sa nationalité allemande et à la période, arrivera à rencontrer quelques personnalités dont Charles Lamarque-Candau alors instituteur à Roquefort. Une Photo de Roquefort donnant sur le pont et l'église nous permet de penser qu'elle séjourna à l'ancien Hotel de France. 

Elle photographiera, maisons, gens, intérieurs, outils.... Elle se servira également du gascon, dont elle décrira avec une maîtrise étonnante les variantes suivant les communes ou cantons pour décrire les objets, méthodes de travail, de cultures... Elle collectera également nombre d'objets.

Monsieur Jean Tucoo-Chala à qui je dois tous ces renseignements fera publier une partie de sa thèse en 2007 aux éditions Cairn sous le titre : "Le paysan de la forêt dans les Landes de Gascogne ; habitat, travail, famille." après que Jean-Pierre Lescarret en eut fait traduire la première partie par Madame Monique Gouyou.

C'est en apprenant qu'une des photos faites par Lotte Beyer était localisée à Bernède à Roquefort que j'ai voulu en savoir plus sur les photos qui n'avaient pas été publiées et qui restaient au Musée de Hambourg.

Je pensais bien que Bernède n'était pas à Roquefort mais à Arue, tout près de Roquefort, et surtout qu'il existait peut-être d'autres photos de notre commune. Tout comme Pierre Toulgouat en pris quelques années plus tard dans sa recherche sur les bergeries courbes. (La maison de l'ancienne Lande ed: Marimpoey 1977). J'ai donc contacté le musée de Hambourg directement, qui m'a dit qu'ils ne les retrouvaient pas malgré l'intervention d'une amie allemande. Il faut savoir aussi, que le professeur Fritz Krüger proches des nazis n'était pas en odeur de sainteté après la guerre, qu'il dut s'exiler en 1948 en Argentine et que peut-être ses travaux ont subis les conséquences de ses choix politiques. Lotte Beyer quant à elle mourra assez rapidement de maladie.

En 2023 Corine Defrance directrice de recherche au CNRS et Le professeur Ulrich Pfleil de l'université de Metz ont réussi à convaincre le Musée de numériser les clichés, et c'est ainsi que Monsieur Jean Tucoo-Chala put recevoir le 6 juillet 2023 les 338 clichés. Seuls une vingtaine d'entre eux sont légendés.

Les clichés nous révèlent bâtiments, intérieurs de maison, muletiers, four à goudron et cette bergerie courbe de Bernède.

 

La bergerie courbe de Bernède

Sur ce cliché on voit nettement la parguère devant le bâtiment courbe couvert de chaume. on est du côté est, à l'abri des vents dominants d'ouest. Le mur de la parguère, incurvé dans le sens opposé à celui du bâtiment est en pierre jusqu'en haut et sa hauteur est assez élevée pour une parguère. Dans le livre de Pierre Toulgouat cité plus haut, on a plusieurs clichés de la parguère de Haurie, maison située à 2.5 km à vol d'oiseau. La parguère de Haurie est entièrement en bois, recouvert sur le haut de brande. Alors que celle que l'on voit sur le cliché de Lotte Beyer est entièrement en Pierre. Ce qui s'explique par le fait que l'on est sur l'affleurement calcaire du miocène de Roquefort à proximité de la l'ancienne carrière de pierre de Nabias, à environ 1.5 km. Dans un article du 31 août 2017 sur  ce même blog intitulé "La parguere de Tartas", je vous montrai des clichés de la parguère  maintenant détruite, et également en pierre, de la maison Tartas au bout de la route de Bernède, dernière maison avant l'Estampon limite avec la commune de St Gor.

La parguère permettait aux moutons de par sa forme arrondie  de ne pas se coincer dans les coins lors des mouvements du troupeau. Lorsqu'on faisait sortir les moutons de la bergerie ils urinaient sur le soutrage accumulé là en vue de produire le précieux fumier. Sur ce premier cliché on aperçoit bien de la paille ou du foin sur le sol, les 2 piliers d'entrée sont bien intégrés au mur et surtout la pierre monte jusqu'en haut des piliers.

Au second plan on aperçoit  dans l'axe de l'entrée, une échelle qui permet l'accès à l'étage de la borde où l'on peut noter la présence de paille ou de foin également. En bas on voit aussi une barrière destinée a tenir fermés les animaux, ainsi qu'un bardage de planches horizontales qui semblent pouvoir coulisser dans des rainures verticales, permettant d'en enlever ou en rajouter pour l'aération, technique qui sera reprise dans les parcs à moutons. Petit rappel la borde est couverte ne chaume, et le parc de tuiles.

La bergerie courbe de Bernède

Sur ce deuxième cliché, pris au sud, on retrouve à droite appuyé contre la parguère la porte en bois présente sur le cliché précédent, ainsi qu'à gauche de la porte une araire. Une échelle monte à l'étage où l'on aperçoit encore du foin ou de la paille.

Derrière l'échelle on voit que la porte présente un seuil en bois ce qui peut laisser à penser qu'il s'agit d'une pièce fermée, et aussi vraisemblablement une porte où les animaux ne passent pas.

Enfin en haut du toit on voit bien la courbure du bâtiment ainsi qu'une barre de bois qui plaque et retient la couche de chaume qui coiffe le toit.

La bergerie courbe de Bernède

Sur la photo aérienne ci-dessus, provenant du site géoportail et prise entre 1950 et 1965, on voit bien la bergerie courbe au bout de la flèche bleue.

 

Comment se fait-il que, à ma connaissance, Pierre Toulgouat ne l'ai pas photographiée alors qu'il nous a donné de magnifiques clichés de la bergerie Capes à Retjons ?

Si vous souhaitez vous faire une idée de la densité de ces bâtiments, il suffit de consulter le cadastre ancien des communes de Lencouacq, Arue et Retjons sur le site des archives des Landes. Les bâtiments  couverts de tuile sont en rose et ceux en chaume en jaune. Dans cette 2ème catégorie les bergeries courbes forment un arc de cercle, fermé sur le devant par un trait noir figurant la parguère.

Sur cette capture d'écran du cadastre d'Arue, on aperçoit un bâtiment rose correspondant à la maison de Grande-Borde, entourée de deux bordes en chaume (jaunes) et une bergerie courbe au nord : jaune avec la parguère.

 

Vous trouverez dans le livre d'Eric Reignoux plus de renseignements sur les Bordes et les bergeries courbes :

"Les bergeries courbes dans les Landes" collection Loustalet 2003.

 

Le premier à s'être intéressé à ces bergeries courbes et à avoir travaillé dessus est Pierre Toulgouat, cité plus haut et qui a séjourné à plusieurs reprises dans le secteur notamment au moulin de Lestrat à Lencouacq.

"Journal d'un ethnologue" atelier des brisants.

 

A Uchacq et Parentis à côté de Mont de Marsan une bergerie courbe a été reconstituée et devient le seul bâtiment de ce type à être debout. 

Enfin je tiens à exprimer mes sincères remerciements à Monsieur Jean Tucoo-Chala qui m'a communiqué les clichés de la bergerie de Bernède et qui souhaiterait bien voir publier les autres clichés qui constituent une source unique de renseignements sur notre belle région.

 

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11 septembre 2025 4 11 /09 /septembre /2025 21:57

Enfant, nous jouions évidemment près du ruisseau comme les générations qui nous avaient précédé, mais nous restions fascinés par les restes d'un barrage sur le ruisseau, barrage construit par mon arrière grand-père. Ce barrage avait tenu peu de temps et l'étang qu'il avait formé fût tout autant éphémère. On voyait encore ce mur de pierre recouvert de lierre et le ruisseau qui l'avait vaincu passant dans un trou juste en dessous. On imaginait ce trou servant de refuge à quelque brochet. Les seuls poissons que nous trouvions étaient le "arigouilles" (vairons) que nous pêchions et plus amusant des "lamprics" (lamprillons ou laproyons) qui se collaient sur nos mains avec leur ventouse.

On voit ici la pelle encore en place, fermant le barrage .

On voit ici la pelle encore en place, fermant le barrage .

Dans une lettre du 14 septembre 1926, mon arrière grand-père confirme à l'entrepreneur Monsieur Jacob qu'il accepte son devis et s'engage à lui fournir tous les bois dont il aurait besoin .  On notera aussi qu'il demande une garantie de 2 ans en cas de vice de construction. On ne sait pas s'il la digue a tenu moins de deux ans mais en tous cas l'étang n'a pas duré très longtemps.

 

Ma grand-mère ou sa soeur interrogées nous ont toujours dit que cet étang allait pratiquement jusqu'au Grangeot (métairie) et qu'il formait donc un angle. En étudiant les courbes de niveaux sur géoportail, en partant de l'altitude du haut de la digue on arrive effectivement à la même  conclusion, mais aussi vu l'étroitesse du lit du cours d'eau on peut supposer qu'il était peu large. 

L'étang du Barrehort

On voit sur la coupe faite au niveau du barrage, que le haut de la digue devait se trouver à environ 91.5m d'altitude .L'eau devait donc remonter le cours un petit peu plus loin que le point d'altitude de 91m figurant sur la carte ci-dessous. Cet étang éphémère avait vraisemblablement une longueur de 400m pour une surface d'environ 1ha et demi.

L'étang du Barrehort
L'étang du Barrehort

On sait donc peu de choses sur cet étang sinon que sa disparition n'a pas servi de leçon puisque environ une trentaine d'années plus tard mon grand-père à son tour et un peu plus en aval sur le même ruisseau, fit construire un autre barrage en béton cette fois-ci qui donna un étang moins long et plus large.  Il alimentait le bassin d'une piscine et sa durée de vie fût à peine supérieure à son prédécesseur ! Il nous reste encore les ruines de la digue au milieu de la végétation et enfants nous jouions dans le ruisseau avec le réservoir en aluminium d'un avion de la 2ème guerre mondiale comme canoë !

On en reparlera plus tard .

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1 septembre 2025 1 01 /09 /septembre /2025 21:52

Suite à la parution dans le livre de Jean Tucoo-Chala des photos de la bergerie courbe de Bernède, faites en 1932 ou 33 par Lotte Bayer, il nous restait à voir sur place ce qu'il pouvait rester de cette bergerie.

Nous connaissions déjà les parguères en Pierre du quartier, celle de Bernachon et celle de Tartas les autres maisons du quartier que nous avions photographiées et publiées sur ce même blog dans les articles "La parguère de Tartas" et "La Borde" articles à retrouver au moyen de l'onglet recherche de la page d'accueil.

Cadastre de 1812.....

Sur la première épreuve du cadastre la bergerie figure déjà en 1810. On en voit la représentation au dessus du n°35 de la parcelle. Curieusement la maison ne s'appelle pas  Bernède mais Loustalot alors que sur la carte de Cassini elle s'appelle Les Bernardes (plus proche de bernède .Lors du recensement de 1819 la maison s'appelle aussi Loustalot (petite maison) et elle abrite tout de même 13 personnes de la même famille dont 8 adultes de la famille Lafitte.

Lors de notre visite cet été, nous avons été agréablement surpris de retrouver, à l'emplacement ou nous pensions  qu'elle était, l'ensemble des murs de la parguère ainsi que ceux de la bergerie. Les murs sont entiers, en moellons tenus avec un mortier de chaux, les poteaux de pierre de l'entrée semblent absents comme on le voit sur la photo ci-dessous. 

 La hauteur du mur est de 1.8m ce qui a été rendu possible ici par la proximité des anciennes carrières de Pierre de Nabias.

 

On voit très bien la légère courbure du mur ouest, soubassement du bâtiment de la bergerie qui se poursuit en formant l'enceinte de la parguère après l'abri en tôle du fond de la photo.

A environ 1km500 à vol d'oiseau voici la photo prise un petit peu plus tard par Pierre Toulgouat de la bergerie et de sa parguère de la maison Haurie. Là la parguère est entièrement en bois avec un "pare-vent" en chaume. La bergerie n'est pas courbe mais à quelque distance de là existait une bergerie en V très ouvert avec parguère en bois. Cette bergerie en V correspond pratiquement à une bergerie courbe. Ces photos sont parues dans le livre de Pierre Toulgouat "La maison de l'ancienne Lande" parue aux éditions Marrimpouey Jeune en 1977.

 

                                                                   La parguère de Haurie

On aperçoit bien les poteaux posés sur des pierres et les planches glissées dans les rainures. Le tout surmonté par un pare-vent en chaume. Un portail était fixé dans un pilier en pierre. A Bernède on voit bien les piliers de pierre sur les photos de Lotte Bayer, mais ces piliers ont disparu aujourd'hui.

                                                                 La borde en "V"

On voit  sur cette photo le mauvais état de la bergerie, qui a bien la forme d'un V et il ne subsiste qu'une partie de la parguère et les 2 piliers d'entrée.

Il reste maintenant à imaginer ce qu'on pourrait faire pour sauver ces restes ou à défaut en faire un relevé précis, d'autant plus que le tracé LGV semble vouloir passer à cet endroit.

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2 juin 2025 1 02 /06 /juin /2025 22:20
Les arbres remarquables

La sortie du beau livre de Gilles Kerloc'h : Arbres  et forêts remarquables des Landes m'a donné l'idée de montrer ici un chêne de l'airial de Lasbordes, le dernier de cette génération qui en comptait encore de nombreux dans les années 50.

Mais avant quelques mots sur le livre de Gilles Kerloc'h.

Après une évocations d'arbres remarquables comme le chêne de Quillacq ou les chênes lièges de Bostens, plus près de nous, l'auteur évoque les arbres de la Liberté, ou bien des forêts et sites remarquables comme la hêtraie de Roquefort. La région des Barthes est aussi abordée avec poésie, c'est une région que je connais bien pour l'avoir visitée aussi depuis l'Adour en canoë et en Hydroglisseur.

On y retrouve ses arbres mais aussi ses esteys et l'eau toujours présente. Enfin après les arbres des légendes on arrive aux arbres à pirogues ou l'on rejoint le sujet d'un livre précédent de l'auteur sur la "Batellerie de l'Adour en images" dont certaines photos me rappellent  ces épaves de chalands et de bachets que je croisais lors de mes descentes en canoë vers St Etienne d'Orthe ou Port de Lanne.

Tout le livre illustré par des photos est en plus agrémenté de nombreux dessins de l'auteur. 

Mais de notre arbre remarquable qu'en est-il ?

Le voici vu de loin ; Il est sur l'airial commun à Grande-Borde et Petite-Borde à Arue.

Le voici vu de loin ; Il est sur l'airial commun à Grande-Borde et Petite-Borde à Arue.

Il est vraisemblablement le plus ancien de cet airial et l'ultime rescapé de sa génération. Lors du rachat de Petite-Borde dans les années 50 aux papeteries, mon grand-père avait négocié longuement par courrier pour essayer de sauver tous ces vieux chênes que le vendeur voulait couper avant la vente. Les capricornes, les tempêtes et le temps ont eu raison de ses compagnons et lui seul trône désormais au milieu de ses congénères plus jeunes.

A une centaine de mètres de lui un pin magnifique se dresse.

Les arbres remarquables
Les arbres remarquables

On aperçoit ici son écorce bien creusée et le fût qui monte en développant sa ramure.

Il a été relativement épargné par les tempêtes et ne semble pas avoir perdu de branche maitresse. Je dois bientôt le mesurer : circonférence et hauteur.

Les arbres remarquables
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16 décembre 2024 1 16 /12 /décembre /2024 22:26

Nous avions lors d'un de nos précédents articles publié des photos de la bergerie courbe  de Bernède à Arue. Ces photos que nous attendions depuis longtemps nous avaient été communiquées par Monsieur Jean Tucoo-Chala qui avait enfin pu les recevoir du Musée de Hambourg où elles dormaient depuis de longues années. Elles font partie d'un ensemble de photos très intéressantes que nous avons vues grâce à l'auteur Jean Tucoo-Chala et qui paraitront en mars 2025 dans un livre des éditions Passiflore.

En voici le dossier de presse.

Parution prochaine d'un livre à partir des photos de Lotte Beyer par Jean Tucoo-Chala
Parution prochaine d'un livre à partir des photos de Lotte Beyer par Jean Tucoo-Chala
Parution prochaine d'un livre à partir des photos de Lotte Beyer par Jean Tucoo-Chala
Parution prochaine d'un livre à partir des photos de Lotte Beyer par Jean Tucoo-Chala
Parution prochaine d'un livre à partir des photos de Lotte Beyer par Jean Tucoo-Chala
Parution prochaine d'un livre à partir des photos de Lotte Beyer par Jean Tucoo-Chala
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19 mars 2024 2 19 /03 /mars /2024 22:17

Depuis longtemps, nous souhaitions restaurer une parcelle de lande dont le pignada avait été coupé il y a plus de quarante ans, nous l'avons clôturée (sur 3.5 ha) avec l'aide du CEN et de la Fondation du Patrimoine. Cette lande à molinie d'environ 5 hectares, en partie envahie par la fougère et la bourdaine a été  nettoyée. Il y a déjà quelques années nous avions créé un seuil dans un fossé avec un moine pour régler le niveau d'eau : afin de faire un peu remonter la nappe phréatique pour essayer d'empêcher l'envahissement par la fougère Aigle. Le but étant de la faire pacager par les moutons pour l'entretenir et en favorisant la molinie permettre au fadet des laîches de se reproduire, ainsi qu'aux oiseaux de revenir dans ce milieu ouvert. 

En son centre il y a un petit trou d'eau remplis uniquement en hiver et au printemps, il y a déjà été observé l'an dernier de la Leucorrhine à front blanc ( une libellule) et surprise cette année un vol de sarcelles s'y était remisé ! Pour compléter cet  zone humide, nous avons avec l'aide du CEN entrepris de réouvrir une autre zone humide derrière le champ du Baloy à environ 420m. Les oiseaux pourront ainsi aller d'un lieu à un autre s'ils sont dérangés, et nous espérons bien à arriver à les faire choisir ces endroits pour se reproduire.

Leucorrhine a front blanc

En regardant le travail de nettoyage surprise : des narcisses bulbocodium ! Ce narcisse présent sur les landes acides au sol pauvre figure sur la liste rouge des plantes protégées en Europe. On ne les avait pas repérés avant car les fougères les dissimulaient.

Narcisse bulbocodium

Dans les environs immédiats de cette lande 2 couples de tourterelles des bois nichaient depuis plusieurs années. Au mois d'août 2023 nous avons vu pour la première fois de jeunes tourterelles, et ce mois-ci nous avons pu en observer cinq sur le champ fraichement nettoyé : c'est à dire au moins un couple de plus. 

Pour essayer de conforter ces progrès, nous nous sommes rapprochés de l'ACCA d'Arue  afin de voir si nous pourrions passer en réserve de chasse. Ce qui éviterait la chasse au petit gibier devant soi, et préserverait la vie et la tranquilité de toute cette faune sauvage que nous essayons de conserver. Nous avons reçu un très bon acceuil de l'ACCA qui envisage de mettre une zone plus importante en réserve ce qui engloberait les 2 côtés du ruisseau qui nous sert de limite et qui est aussi une zone à bécasses.

Dans le champ nous avons laissé des bordures en friche, et ces pelouses sèches abritent de nombreux papillons dont le damier de la succise (protégé) qui affectionne particulièrement les scabieuses.

Enfin nous avons semé dans le champ deux ou trois variétés de millet afin d'attirer vers la fin de l'été les petits passereaux sur la route de leur migration. Il y a cinquante dans ce champs, comme dans beaucoup d'autres des environs, le mois d'octobre voyait passer d'énormes quantités d'oiseaux : alouettes, linotes, bruants, pinsons, verdiers, chardonnerets,  tarins, pipits ... Nous espérons bien en voir de nouveau car depuis quelques années ils se font plus rares.

Voilà le résumé de quelques actions que nous avons entreprises, où nous espérons pouvoir concilier activités humaines agricoles et traditionnelles, protection de l'environnement;

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27 décembre 2023 3 27 /12 /décembre /2023 21:31

Venant de récupérer un acte de partage de 1836, concernant Lasbordes à Arue nous avons eu le plaisir de découvrir le nom de certaines landes ou "broustés".

Dans cet acte, différents noms viennent qualifier des parcelles ou des zones de terrain en fonction de leur nature.

Nous allons en donner la signification la plus locale possible avant d'en retrouver le toponyme qui évidemment n'était pas parvenu jusqu'à nous même par tradition orale.

Nous connaissions le Pas du Ka qui avait fait l'objet d'un article sur ce même blog ainsi que le "Hanga" un peu en amont du Pas du ka.

Le Hanga est lieu boueux (dictionnaire  gascon français de l'abbé Vincent Foix) C'est en effet toujours  un marécage. 

 

Nous avons donc trouvé mentionnés : 

L'ayrial :  Normalement orthographié airial. C'est le terrain qui entoure la maison landaise, une pelouse rase plantée de chênes et quelques pins parasol.

Le brousté : Le brousté est soit une lande remplie de broussailles, soit un  jeune taillis.

La lande : La lande est une zone ouverte avec une végétation rase : molinie et bruyère le plus souvent.

Le pignada : Le pignada  est une forêt de pins maritimes.

La grave : Pour cette dénomination cela a été plus difficile. Le mot grave en français désigne un terrain caillouteux ce qui n'est pas le cas chez nous. Par contre si on imagine que le mot a été francisé depuis le gascon (ce qui est souvent le cas dans ces actes notariés)  et qu'on le prononce à la gasconne, on a "Grabe" qui correspond à un bourbier.

 

Ces noms génériques qui désignent plus ou moins la nature de la parcelle se voient complétés par le point cardinal :  ce qui donne "lande de bise (nord)" ou "pignada de la grave de capbat (ouest)". Dans ce cas, on apprend que c'est un bois de pin, en zone humide à l'ouest de la propriété.  On trouve aussi "pièce de mijour" (mijour littéralement midi, donc sud.)

Mais aussi ces pièces ont parfois un nom : " jardin du houzin" ou terre "labourable la nouguère."

Le terme de houzin serait peut-être  à rapprocher de Houziar verbe qui signifie défricher d'après le dictionnaire de l'abbé Foix quand au mot nouguère il se rapporterait de manière évident à  noiseraie, noix ... sauf qu'il n'y a pas de noyer dans les environs et que la nature du sol ne lui est pas favorable du tout... Il faudra trouver une autre explication !

La rédaction de l'acte impose, pour situer les parcelles, de les situer les unes par rapport aux autres ou à celles d'un voisin; ce qui ne rend pas les choses faciles quand on veut les resituer à notre époque. Le texte donnant : " un peu plus de la moitié de la lande dite de bise prise du côté du levant et se terminant en pointe du côté du nord ..."  ou encore : " environ la moitié de la pièce de pignada dite la grave de capbat prise du côté du nord, et confrontant au levant à pignada de Bardin du midi à l'autre partie de ce même pignada..." On peut toujours rechercher sur les recensements le nom des voisins ou des propriétaires voisins, pour s'orienter. Dans le cas présent il a fallu rechercher où habitait ledit Bardin. Ce que nous n'avons pu retrouver.

Il faudra donc pour l'instant nous contenter de lister ces toponymes faute de pouvoir encore les situer sur un plan. Mais nous avons eu aussi le plaisir de retrouver mention de l'existence du four à Pain de Grande-Borde.

 

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26 novembre 2023 7 26 /11 /novembre /2023 23:12

Dans l'article intitulé "A partir d'une lettre de 1932" ( en page 2 de ce blog) nous évoquions l'arrivée de l'électricité à Arue en mai 1932 . Nous avons depuis retrouvé aux archives quelques documents concernant  la concession et des données techniques sur la fourniture d'électricité.

La consommation électrique en France connait une forte croissance entre les années 20 et 30 puisque sur la décennie 1920 elle a vu sa croissance multipliée par 4,5.

Les Pyrénées sont alors le siège de  nombreux travaux de réalisations d'ouvrage hydroélectriques, visant notamment à fournir de l'énergie au Sud-ouest de la France.  De nombreuses sociétés voient le jour dont La société Hydroélectrique des Basses-Pyrénées, fondée le 5 septembre 1910  qui participe par exemple au capital de la Société des Forces Motrices de la Vallée d'Aspe  créée à la fin de l'année 1920. 

Cette société a de nombreuses usines à Mouguerre, Oloron, Orthez, Estaens, aux Forges d'Abel et distribue son électricité avec  5108km de lignes à haute tension et  8046km de lignes basse tension .

C'est la Société  Hydroélectrique des Basses-Pyrénées qui demanda la concession auprès du Syndicat du pays d'Albret pour la commune d'Arue. 

Cette concession prévue pour une durée de 40 années prévoyait de fournir l'électricité à la tension  de115v pour l'éclairage , 200v pour la force motrice et  à la fréquence 50 Hz. La haute tension sera de 15000 volts.

 

 

Dans l'article 11 de la convention on voit qu'il peut être proposé un tarif heures creuses de 22h à 6h. On est en 1927 : on n'a rien inventé ce système a presque 100ans ! La convention prévoyait également des avantages pour les bâtiments communaux.

 

Carte du réseau sur Arue ci dessus et quand même les tarifs ci dessous!

Voilà ce que j'ai pu trouver sur l'électrification d'Arue. J'ai mal cadré mes photos et la légende des cartes n'apparait pas complète. 

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23 octobre 2023 1 23 /10 /octobre /2023 21:14

Nous avons évoqué déjà plusieurs fois dans ce blog le passé de Lasbordes à Arue, au cours de différent articles : 

 

"Les produits de Lasbordes" 1, 2 et 3

"A partir d'un fait divers à Lasbordes en 1824"

"Petite histoire de Lasbordes"

"Sur un carnet de l'exposition universelle"

"L'inventaire de la faune et de la flore de Lasbordes à Arue"

 

Nous avons ouvert un nouveau blog dédié cette fois-ci aux productions actuelles de Lasbordes.

 

Vous y accèderez en cliquant sur le lien suivant :

https://lasbordes-noisettes.over-blog.com/2023/10/des-noisettes-a-lasbordes.html

 

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  • : Aperçus de la vie dans les petites landes de Roquefort (40120) à travers une généalogie. Les sujets abordés concernent tant l'histoire locale, que l'agriculture, les techniques anciennes, les personnages...
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